49e Congrès CGT - Nantes 7-11 décembre 2009

Le quotidien du CongrèsPublié le 29 décembre 2009

Débat général

L’action, ça se discute  !

Philippe Texier, à la présidence de séance, rappelle les termes du débat mis en discussion autour de l’appréciation portée sur l’activité de la direction confédérale, menée autour des résolutions votées au congrès précédent. Il évoque successivement le syndicalisme rassemblé et de conquêtes, le contexte international marqué par des conflits et la «  lutte contre le terrorisme  », l’élection de Barack Obama et la crise du capitalisme financier, caractérisée par l’extension de la concentration des capitaux. Il pointe la question de l’animation des luttes, du syndicalisme de transformation sociale, de la construction de solidarités, l’importance de l’action et la négociation, l’union et le rassemblement. Il souligne l’importance des nouvelles règles de représentativité, de la lutte contre les discriminations, l’égalité des droits, la défense des services publics… La parole circule alors dans la salle.

- Céline Fontaine, Fédération du commerce, chez Leclerc Rezé, Loire-Atlantique.
Chez Leclerc, où elle travaille depuis avril 2008, Céline a créé une organisation syndicale dans des conditions difficiles. «  Nous avons développé la syndicalisation avec l’union locale et nous en sommes à 14 syndiqués. Mais la direction reste hostile  ; elle entrave toute information syndicale, toute négociation salariale et surfe sur les temps partiels et l’isolement pour tenter de démobiliser les salariés. Les résultats financiers sont pourtant bons et ils aiguisent la volonté revendicative, même si la peur reste importante et entrave la prise des responsabilités syndicales. Nous avons le projet de créer une structure syndicale multienseigne pour mieux assurer la solidarité et la capacité d’initiative collective.  »

- Sylvie Guinant, Services publics, Grenoble, élue à la CE fédérale.
«  L’augmentation du chômage aurait pu provoquer une crise sociale plus importante qu’elle ne l’est actuellement. Mais, il est encore possible de percevoir un revenu, d’envoyer ses enfants à l’école, de se soigner. Créés sur la base d’un statut unique, ces services publics répondent aux besoins de la population de manière égalitaire et juste. Mais, si on laisse faire, ils n’existeront plus sauf pour répondre aux besoins du pouvoir pour réprimer, récolter l’impôt, freiner l’immigration. On en est là avec les suppressions de postes dans la fonction publique d’Etat, chez les territoriaux, à l’hôpital. Le système de rémunération dans la fonction publique a régressé et va provoquer des inégalités d’accès au droit pour les citoyens, une dégradation territoriale accompagnée de mise en concurrence entre les “gagnants” et les “peu attrayants” pour les investisseurs. Il est plus qu’urgent de renforcer le travail de la CGT et aider là ou les syndiqués sont isolés, notamment par l’interprofesssionnel et par une plate-forme unifiée des trois volets de la fonction publique. On y travaille nationalement, mais il faut gagner en proximité avec les agents pour des revendications communes. Nous sommes déterminés à défendre les services publics et à défendre un statut unifié, première étape d’un nouveau statut du travail salarié qui se construit au quotidien dan les luttes que nous gagnons. C’est en termes de diversité et de complémentarité que nous y arriverons.  »

- Denis Durand, Fédération des finances, Banque de France.
«  Inquiet du décalage entre les positions confédérales et les attentes militantes sur le terrain. Cela renvoie aux grandes journées d’action et à l’épuisement apparent de la dynamique dont ils étaient porteurs. Certes, tout ne dépend pas de la seule CGT, mais elle a une responsabilité. Or, le pouvoir actuel déploie de grands efforts pour enfermer le syndicalisme dans une reconnaissance institutionnelle et l’enfermer dans l’exercice étroit de la défense des droits acquis. Face a la crise, l’unité et l’efficacité du syndicalisme dépendent de sa capacité à s’attaquer aux causes profondes de la crise, par la conquête de droits et de pouvoirs allant bien au-delà de ce qui existe actuellement. Un de nos points forts, c’est de réclamer une part de gestion dans l’entreprise. Nous avons défendu un amendement sur le lien entre la création d’un pôle financier public et la remise en cause du poids de la Banque centrale européenne. Rien aujourd’hui ne permet d’affirmer que la CGT aurait tranché pour un syndicalisme de représentation  ; mais il appartient au congrès d’en débattre, afin d’éviter le décalage préoccupant entre expression des dirigeants confédéraux et attentes militantes.  »

- Raymond Vacheron, Fédération THC.
«  La crise date de loin chez nous. Le capitalisme mondialisé se traduit par des millions d’êtres humains exploités, la destruction de la nature, a quoi nous opposons la conquête de droits sociaux. Notre seul moyen de relever la tête, c’est le syndicalisme, qui reste une idée neuve. La CGT est l’outil de cet espoir et les salariés comptent sur elle. La première des défenses industrielles c’est le refus des licenciements, qui demeure notre priorité. 2010 sera une année capitale pour les retraites et il est fondamental de la défendre à 60 ans, par répartition, avec un enjeu de solidarité générationnelle. La défense du pouvoir d’achat avec 200 euros pour tous me paraît nécessaire, car la revendication fédère et conduit à l’action. Le syndicalisme rassemblé correspond à notre attente, à nos espoirs. En Haute-Loire, nous le pratiquons et nos résultat électoraux en ont été renforcés considérablement. Se rassembler, c’est aussi frapper en ensemble. L’unité d’action la plus large nous l’avons mesurée lors des manifestations unitaires ou avec la votation pour la Poste. Unis, nous sommes toujours plus forts. Cela ne nous conduit pas à renoncer à nos revendications, comme le 22 octobre l’a montré pour l’industrie. A tous les niveaux, l’efficacité passe par la mobilisation du plus grand nombre et la négociation, de l’atelier à l’Elysée, est nécessaire  ; elle dépend du rapport des forces que nous avons créé. Refusons une CGT divisée et travaillons à une CGT ouverte, démocratique et combative, une CGT pour tous.  »

- Sandra Blaise, FAPT, Transcom, Vosges, précise d’emblée qu’elle ne se considère pas comme une «  groupie  » de Bernard Thibault et s’étonne des agissements de certains, projetant leurs frustrations sur une seule personne. «  J’ai adhéré à une organisation démocratique, solidaire et respectueuse. M’aurait-on menti  ? Soyons sérieux  ; la CGT n’est pas parfaite, mais elle est à l’image de ce que nous construisons, ensemble. La CGT ce n’est pas Bernard Thibault, c’est la somme des luttes menées par tous. Dans ce cadre, faire croire que l’appel à la grève générale serait de la responsabilité de la direction confédérale ou du seul secrétaire général n’est pas sérieux. Arrêtons d’y penser et mettons de l’entrain à mettre les salariés de nos entreprises dans le coup. Comment porter l’unité quand, dans la CGT, certains portent la division et tapent sur d’autres militants  ? La CGT se veut indépendante de tous les partis politiques et elle y tient. Notre combat n’est pas de savoir qui la dirige, mais d’être à la pointe des luttes, d’être plus nombreux et plus forts. Je veux souligner, face au débat sur l’identité nationale, l’importance de mettre l’accent sur la lutte contre toute forme d’exclusive et pour la solidarité entre les peuples. La prud’homie, enfin, dépasse largement les seuls conseillers prud’homaux et concerne toute la CGT. Elle en est sortie grandie des élections  ; mais la prud’homie n’existe pas seulement tous les cinq ans. C’est tous les jours que des militants de la CGT y défendent les salariés, autour de leurs valeurs d’égalité et de solidarité.  »

- Jean-Pierre Delannoy, Métallurgie, ANF Crespin, insiste sur le fait qu’il n’appartient à aucune organisation politique et précise. «  Ma candidature au poste de secrétaire général de la CGT est issue d’une convergence de militants qui se retrouvent sur une ligne de classe et de masse, soutenue par 2.000 signatures. Je suis donc légitime et il appartient au congrès d’en débattre. Le danger n’est pas le débat, mais l’orientation que veut imposer la direction sortante, laquelle tourne le dos aux valeurs qui ont fait la particularité de la CGT. Il faut redonner la priorité aux organisations de base, ne pas accompagner la politique gouvernemental. Il nous faut des objectifs clairs et précis plutôt que des repères évasifs  : 300 euros pour tous, l’arrêt des licenciements et des suppressions de postes, le retour aux 37 années de cotisation pour les retraites, l’arrêt des privatisations. Enfin, nous affirmons que nous n’aurons pas de nouveaux droits sociaux sans le respect des libertés syndicales. Il faut en finir avec la spirale de l’échec du syndicalisme rassemblé. Sortons de la démarche consensuelle de sommet dans laquelle les salariés ne se retrouvent pas. Il faut de la volonté pour construire un rapport de forces  ! Ce n’est pas avec des mobilisations tous les deux ou trois-quatre mois que l’on fera reculer le gouvernement. Ce sont les luttes qui rassemblent. Pas de restructuration dans la CGT qui l’institutionnalise, la technocratise. Ce sont les prérogatives des syndicats d’entreprise qui sont en ligne de mire. Arrêtons de répondre aux injonctions d’une CES, plus pressée de sauver le capitalisme qu’autre chose. On veut nous recentrer comme la CFDT. Le débat  ? Ces trois derniers congrès, des milliers d’amendements ont été déposés, pas un n’a été retenu.  »

- Miguel Salles, Métaux, Airbus Nantes.
«  La proposition de Bernard Thibault de donner une suite à l’action nous va bien. Nous soutenons l’idée de poursuivre notre mobilisation du 22 octobre. Il nous faut peser fortement sur les états généraux de l’industrie pour faire encore plus fort. Le syndicat de Nantes avait considéré cette journée comme sa priorité de rentrée et avons appelé à 24 heures de grève. Une centaine de salariés, tous syndiqués, ont ainsi pu manifester, avec les plus jeunes syndiqués. Un événement très formateur en même temps qu’un grand moment de camaraderie et un souvenir formidable. Les jeunes syndiqués sont revenus dans l’entreprise gonflés et sont devenus de véritables délégués de secteur. Grâce à eux, la syndicalisation va fonctionner. Face aux attaques du patronat, l’heure n’est pas à la division, mais au rassemblement et à l’unité. C’est ainsi que nous avons grandi.  »

- Chiaka Fane, Commerce, Grenoble.
«  La souffrance des salariés est de plus en plus grande et de plus en plus ignorée. Nous sommes rassemblés pour cultiver l’espoir. Il y a quelques mois j’étais sans papiers. Je voudrais que, à la sortie de ce congrès, chacun, comme moi, reparte plein d’énergie pour défendre ses droits, l’union et la solidarité qui sont les clés de notre combat. Face aux inégalités sociales, nous nous devons d’être forts. Je vous lance un appel et suis très honoré de pouvoir le faire  : j’étais sans voix et vous m’avez donné la parole  ; aujourd’hui, nous sommes des milliers dans la rue, menacés d’expulsion, qui travaillons pour enrichir la société. A nous, les boulots les plus sales, les moins payés. Nous avons besoin d’être tous ensemble, unis et solidaires, les travailleurs sans papiers comme les autres salariés. Notre lutte est celle de tous les salariés, celle de la reconquête de valeurs perdues. Merci à la CGT pour sa confiance, pour sa protection, pour sa présence et être la voix des sans-voix, des sans-droits. Tous ensemble, disons non à l’injustice sociale, mais oui à une lutte commune. Tous unis, nous vaincrons.  »

- Emmanuel Figueredo, FNME EDF Troyes, se déclare très ému de l’intervention précédente. «  La solidarité, dit-il, on la touche du doigt et on ne se pose pas trop de question sur la nature de classe de la CGT. On agit et c’est ça, la CGT. Dans notre secteur, la transformation des deux entreprises publiques, EDF et GDF, nous a ouvert le champ de la sous-traitance, des salariés de droit privé qui travaillent pour le public. C’est un sujet de réflexion pour notre activité. Là encore, travailler syndicalement, c’est d’abord le faire avec ceux qui sont à nos côtés. Le syndicalisme rassemblé et la plate-forme unitaire me vont bien. Cela marche et a déclenché chez nous des actions revendicatives, peut-être pas à la hauteur des besoins, mais qui nous ont fait progresser sur les salaires, le pouvoir d’achat, l’emploi et les retraites. Continuons en nous tournant vers les salariés ; ils apprécient que la CGT soit moteur de l’action.  »

- Laurent Delaporte, Fédé ports et docks, Port autonome du Havre.
«  Inquiet face au contexte et aux orientations de la Confédération qu’il estime en opposition totale avec les attentes de la base. Alors que les salariés sont bafoués au quotidien et massacrés socialement, que la précarité et la misère explosent. Cela devrait nous pousser à la lutte et nous ne comprenons pas l’attentisme de notre confédération, à un syndicalisme mou. Ce devrait être l’occasion d’une réaction de haut niveau face aux tenants des finances. A quoi servent la CES et la CSI, que pensent-elles, que disent-elles  ? Qu’attendons-nous pour élever le niveau de la lutte, élargir le mouvement. En 2006, la CGT se glorifiait de la victoire contre le CPE, mais quelle victoire alors que la crise est toujours là  ? Quelles actions contre la répression syndicale contre les atteintes aux libertés individuelles de ceux qui refusent d’être des moutons  ? Toute attaque doit être combattue massivement et vigoureusement. La réforme de la représentativité nous met à mal et la confédération souhaite poursuivre ses restructurations, notre fédération s’y oppose. Nous sommes favorables à une mobilisation dès lors qu’elle ne se contente pas d’être isolée.  »

- Sandrine Mourey,
«  Après une stagnation des adhérents, l’UD a décidé de se restructurer à partir de ses UL en partant des réalités du travail 99 % des entreprises ont moins de 10 salariés, services et commerces. Mais notre implantation syndicale n’est pas en phase. Nous sommes majoritairement dans le service public. A partir de là, l’UL de Dijon a décidé avec les syndicats de créer un syndicat d’agglo du commerce, permettant à de nombreux salariés des petites boutiques de s’organiser et de faire valoir leurs droits. Idem pour les territoriaux de Saumur avec le regroupent de syndicats de petites collectivités. La campagne et l’élection prud’homales ont permis la prise de conscience collective de la CGT en Côte d’Or. Certaines UL et syndicats ont décidé des plans de travail de syndicalisation. Cette démarche a payé  : nous atteindrons les 500 nouvelles adhésions à la fin 2009 en Côte d’Or, du jamais-vu. Cette forte attente des salariés vis-à-vis de la CGT, nous avons voulu y répondre en déployant notre démarche juridique et en l’articulant davantage avec l’activité syndicale, notre démarche globale. Nous avons ainsi créé une charte de l’accueil syndical en Côte d’Or. Nous avons besoin de nous renforcer pour peser sur les décisions. La continuité syndicale est encore insuffisamment mise en oeuvre par nos directions syndicales et nous avons trop tendance à séparer syndicalisation et activité revendicative, alors qu’elles se nourrissent l’une l’autre.  »

- Modjaverian Mahscid, Transport aérien, Sata, ne voit aucune dimension positive dans la stratégie d’action confédérale. «  Les journées d’action espacées ont étouffé le potentiel d’action et montrent que la priorité donnée au dialogue social par la confédération a dégradé le rapport des forces, à la base et pas dans les réunions de dirigeants. L’exemple vient du mouvement de 1995 au lieu défendre l’éclatement de l’action. Quand Bernard Thibault dit que la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays ou quand Maurad Rabhi dit qu’il n’y aura pas de grève générale, je vous laisse juge... Je soutiens le syndicalisme de classe et de masse qui a disparu de la littérature confédérale. Ne laissons pas la main à ceux qui sont dirigés par Bruxelles et qui ne visent qu’à accompagner la régression sociale.  »

- Sophie Duquesne, Métaux, Chantiers navals de Saint-Nazaire, lit une déclaration de son syndicat, qui interroge la stratégie confédérale  : «  Nous n’avons pas utilisé le rapport de forces pourtant qualifié d’impressionnant dans le texte du congrès. Erreur ou stratégie  ? Le salariat a changé et le dialogue social aussi, on négocie des miettes dans les entreprises où il y a un syndicat et rien ailleurs. Beaucoup d’isolés étaient présents dans les actions et cela confirme un climat de confiance en progression. Mettre en échec la politique sociale demande de s’attaquer au Medef et nous étions dans un conflit offensif ; nous n’avons pas ouvert de perspectives et la date du 1er mai était une erreur. Six mois plus tard, nous sommes retombés dans les conflits défensifs  ; unité oui, mais pour l’action. La CGT doit rendre publique ses propres propositions et elle ne l’a pas fait en 2009. Chaque fédé s’inscrit dans ses appels en ne regardant que sa situation. Il n’y a pas de lien. L’unité n’est pas abordée dans le document d’orientation, c’est pourtant un handicap majeur. La troisième partie du document nous semble bonne, mais insuffisante. Pour ces raisons, le syndicat s’abstiendra sur l’activité et le document d’orientation.  »

- Laurent Diaz, Construction, Clermont-Ferrand.
«  Le salariat s’est atomisé et précarisé. Pour le plus grand profit des détenteurs de richesses. Les deux phénomènes sont liés. La fin du syndicalisme  ? Non. Nous avons fait des adhésions et notre union syndicale représente 1.100 syndiqués. Une cinquantaine d’adhésions proviennent des bases déjà existantes. La crise augmente et les salariés ont décidé d’agir collectivement puis se sont tournés vers nous en attendant un soutien extérieur. On se syndique parce qu’on pense pouvoir obtenir des résultats. Nous avons donc lancé un mouvement de grève dans plusieurs entreprises de gros œuvre et cela a débouché sur des résultats. Nous sommes satisfaits du rapport d’orientation qui prône l’urgence d’adapter nos structures, notamment pour ceux de la sous-traitance et de l’artisanat. C’est une des conditions pour atteindre le million de syndiqués.  »

- Alain Dru, UGFF, PJJ, revient sur la lutte contre Edwige, qui mobilisé la CGT et a fait reculer le gouvernement. «  Ce qui n’est pas si fréquent. Le buzz sur Internet a joué son rôle et la création d’un collectif large avec des associations, la LDH, le SAF, le SM et le LGBT  ; la mise en place de collectifs locaux avec la CGT et la mise en ligne d’une pétition qui a très bien marché. Nous avons réussi parce que nous avons résisté aux tentations de division. Le gouvernement a tenté de diviser le mouvement mais il a échoué. Il va falloir relancer ce combat, lié à la question des fichiers dans les entreprises, puisque le gouvernement a publié deux décrets liberticides. Nous avons remis la pétition en ligne et, à ce jour, nous comptons plus de 10.000 signatures, plus 340 organisations. Il va falloir que la CGT se mobilise pour la signature pour faire à nouveau reculer le gouvernement. Ce n’est pas gagné, mais, si on ne s’y met pas tous, on n’y arrivera pas.  »

- Christiane Micaud, Santé, centre hospitalier de Moulins.
«  Ne perdons pas de vue que, dans trop d’entreprises, il n’y a pas de syndicats. Ce ne sont pourtant pas les revendications qui manquent. Nous avons tout à gagner à renforcer notre présence et à faire front ensemble sur des revendications communes. C’est de notre responsabilité en tant que première organisation syndicale. A nous de permette aux salariés de pouvoir se faire entendre et se défendre  ; la démarche de rassemblement doit rester notre priorité, ne faisons pas le jeu des médias et du gouvernement.  »

- Alain Roque, FERC, Inra.
«  Pas de débat tabou à la CGT  ? Chiche. Sans revenir sur les journées saute-mouton, je veux me concentrer sur la défense de la fonction publique, de ses missions et du statut des personnels. Le rapport introductif pointe le sentiment d’isolement des salariés. Mais ne sont-ils pas isolés par la confédération qui a refusé un axe national d’interdiction des licenciements  ? Bernard nous propose une grande campagne pour le maintien de la fonction publique  : c’est vital. Mais posons-nous plusieurs questions. La mobilisation ne peut se faire que sur des revendications claires, sans ambiguïté ; les garanties statutaires ont un nom, c’est le statut. Son occultation dans les documents confédéraux n’a-t-elle pas à voir avec le statut du travail salarié  ? Pourquoi les documents ne réclament-ils pas la suppression pure et simple des licenciements, des suppressions d’emploi, de la RGPP, pourquoi ne pas se prononcer pour la renationalisation des services publics  ? L’oubli, pour ne pas dire l’abandon de ces revendications, n’a-t-il pas à voir avec la stratégie du syndicalisme rassemblé dès lors que les autres n’entendent pas les mettre en avant  ?  » Alain Roque termine son intervention en soulignant l’importance de la structure UGFF et propose la candidature de son secrétaire général à la commission exécutive confédérale.

- Philippe Valla, Commerce, syndicat de site de Parly 2.
«  Notre syndicat est au cœur de nombreuses luttes depuis le congrès précédent  : la grande distribution pour les salaires, contre le travail du dimanche, pour que la baisse TVA profite à l’emploi. Les succès n’ont pas été a la hauteur de nos espérances en raison de la faiblesse du rapport des forces, due à la concentration de précaires dans le commerce et les services, à la multiplication des conventions collectives, l’éclatement du salariat dans de minuscules établissements, qui sont autant de freins à la syndicalisation. Notre fédération a poursuivi ses efforts en mettant en place des contrats de syndicalisation avec les UL dans de nombreuses localités, structurés autour de syndicats locaux, comme à Parly 2. Par ailleurs, il nous est apparu nécessaire d’organiser les luttes des plus précaires, les saisonniers et notre implication pour les sans-papiers. Sur les 6.000 grévistes recensés en Ile-de-France, plus de 2.000 relèvent de notre fédération. Parmi eux, plus de 1.500 se sont syndiqués grâce à notre travail avec les UD et les UL. Nos effectifs ont ainsi grandi de plus de 5.000 syndiqués en quelques années. Ces succès démontrent que la bataille du renforcement peut être gagnée avec les salariés du privé et servir dans les luttes convergentes telle la défense des retraites. Il nous faut d’abord apprécier nos bilans au regard de nos forces organisées  ; il n’y a pas chez nous d’un côté ceux qui voudraient se battre et de l’autre des “institutionnels”  : il y a un rapport de force sur lequel nous devons peser par le renforcement et l’unité, si nous ne voulons pas qu’il nous impose sa réalité.  »

- Gérard Bousteau, UFCM cheminots, Chartes.
«  Les services publics occupent, en cette période de crise économique, une place centrale. D’où les attaques des libéraux. On sait que l’Union européenne veut les soumettre à un modèle unique de concurrence libre et non faussée. Si certains soit affirment qu’il faut moraliser le capitalisme, soit prônent la régulation, nous devons nous montrer plus offensifs sur l’axe revendicatif concernant la réappropriation des missions publiques. Parlons clair  : pour aborder la transformation de la société avec des services publics forts. Il nous faut nous fixer des échéances précises pour nos luttes et nos structures. Même si nous ne disposons pas de tous les leviers, même s’il est difficile de travailler aux rendez-vous revendicatifs, pourquoi n’avons-nous pas progressé  ? En avions-nous réellement la volonté  ? Quoi qu’il en soit, actons une stratégie inscrite dans la durée. La proposition faite hier va dans le bon sens. Quant à faire évoluer la CGT, d’accord seulement si cela s’avère indispensable, avec des services publics nationalisés au cœur des enjeux et du rapport de force.  »

- Traoré Modobo, accompagné d’une délégation de travailleurs en lutte pour leur régularisation et de Francine Blanche.
«  Cela fait plaisir de recevoir un tel accueil. Nous avons besoin d’oxygène et nous savons que la CGT sera à la hauteur. Notre délégation représente les travailleurs sans papiers. Je suis du Mali, j’ai trente et un ans et travaille en France depuis huit ans dans une société de gardiennage. Notre lutte est difficile, mais nous allons la gagner tous ensemble. Nous avons déclenché un mouvement, suite logique de l’an passé. Il était nécessaire, car les engagements des autorités n’ont pas été tenus  ; pis encore, ce qui avait été concédé, elles ont tenté de les récupérer. Nous avons dit  : non, ce n’est pas possible. Unis avec les organisations syndicales et six associations, nous nous sommes adressés au gouvernement pour demander une circulaire précisant les modalités de régularisation sur l’ensemble du territoire. Avec ce gouvernement, il faut lutter, sinon, il ne lâchera rien. Nous nous sommes réunis à 2.000 à la CGT pour définir les modalités du mouvement actuel et, dès le lendemain, nous avons commencé à investir nos entreprises  : 1.300 entreprises. Nous sommes aujourd’hui à 6.000 grévistes et 2.000 entreprises concernées sur 38 départements. C’est un mouvement historique de contestation contre la surexploitation des travailleurs. Nous avons gagné en partie  : ce 24 novembre, les autorités nous ont adressé une circulaire. Mais elle ne va pas dans le sens de nos attentes. Elle est floue, imprécise, laisse sa place à l’arbitraire. Les 6.000 grévistes tiennent à vous dire que, à travers vos idées, vos structures, n’hésitez pas à les accompagner dans un mouvement de grève nationale touchant les entreprises pour forcer la victoire. Les ministres Besson et Darcos doivent négocier et dégager une solution, au lieu de jouer la division. L’opinion publique a compris notre combat, alors, nous continuons. Tant que nous n’aurons pas satisfaction, nous continuerons, et nous savons que nous pouvons compter sur vous.  »

- Gérard Vaysse, Fédération de la chimie, Rhoda.
«  Le soutien de la CGT aux fortes luttes en Guadeloupe est trop faible. La CGT a un peu trop fait la fine bouche et n’a pas forcément joué son rôle de fédératrice quand des entreprises licenciaient. Les Conti ont obtenu pour les plus de 51 ans le maintien de leur revenu intact jusqu’à la date présumée de leur départ en retraite. Et, pour le millier de salariés restants, six ans de garantie de salaire seront assurés. Quand l’entreprise nous fait défaut, le salaire doit être assuré. Le contrat de travail doit se poursuivre.  »

- Christine Pezel, BNP Paribas, Ugict. «  Les questions de financement de l’économie et l’inclusion bancaire sont au cœur de l’activité de la fédération. Mais aussi au centre de toute politique pour sortir de la crise. Des questions qui ont été travaillées pendant ce mandat écoulé. La fédération a participé à ces travaux, avec d’autres, comme celle des Finances et des Activités postales. Le travail sur les repères revendicatifs a permis de préciser la notion de pôle public financier. La crise nous a contraints à avancer davantage, à produire un texte complet sur le sujet, en juin 2009, avec la confédération et les trois fédérations. L’activité bancaire doit pouvoir répondre à trois objectifs  : le renforcement de l’appareil productif, l’orientation de l’épargne vers la satisfaction des besoins sociaux et économiques et l’assurance du droit au compte pour chacune et chacun, le droit aux opérations de base, et pas seulement le droit pour les banques d’encaisser les paies mensualisées. Deux pistes sont proposées pour que toute la CGT se saisisse de ces réflexions. Primo  : fixer les missions de service public ou des missions d’intérêt général à tous les établissements bancaires. Le secteur bancaire, qu’il soit de forme capitaliste ou coopérative, n’est pas un secteur comme les autres. Il crée de la monnaie que nous devons considérer comme un bien public et, à ce titre, il doit ou devrait a minima s’acquitter de missions d’intérêt général ou de missions de service public. Secundo  : la capacité de financement direct repose en grande partie sur l’épargne collectée. Nous avons à réfléchir sur la réintermédiation de l’épargne avec de nouvelles formes d’épargne réglementée. On peut imaginer des livrets dédiés au niveau européen, national comme au niveau des régions pour une épargne économiquement et socialement vertueuse. Deuxième piste qui explore donc celle d’une épargne répondant à une double fonction, celle du besoin de sécurité des clients individuels, celle de satisfaire aux besoins économiques et sociaux.  »

- Sophie Lacaze, déléguée du SGLCE.
«  Nos patrons de presse, tous amis de Sarkozy, n’ont eu aucun mal à imposer au gouvernement l’organisation des fameux états généraux censés rassembler tous les acteurs (patrons, pouvoirs publics et syndicats) afin de trouver des solutions à la crise affectant les quotidiens (érosion du lectorat, baisse des ressources publicitaires, etc.). Mais le but inavoué de ces états généraux de la presse n’était rien d’autre que la casse des statuts et des conventions collectives du secteur et surtout la disparition programmée de la CGT, dont ces fameux ouvriers du Livre “responsables de tous les maux”. La plupart des dispositions prises lors de ces rencontres l’ont été au seul profit des chefs d’entreprise et des actionnaires et ont donné lieu, entre autres, à l’ouverture de négociations concernant le devenir des imprimeries de presse quotidienne nationale. Celles-ci ont débouché sur un plan dit Imprime, qu’il faudrait plutôt renommer N’imprime plus, qui entérine une fois de plus des réductions d’effectifs préjudiciables à notre rapport de forces et sur lesquelles il sera difficile de rebondir. Mais la grande nouveauté dans l’histoire de la presse parisienne est l’acceptation de mesures associées à des garanties douteuses comme ces licenciements préalables à toutes recherches de solutions sociales, qui risquent fort de laisser les plus jeunes sur le bord de la route et offre aux plus anciens une retraite par capitalisation. Est-ce bien là notre combat à la CGT  ? De tous les syndicats CGT du Livre parisien, seul le syndicat des cadres et le SGLCE n’ont pas voulu signer cet accord. Nous réaffirmons, selon la résolution adoptée par le SGLCE lors de son dernier congrès, nos orientations vers un syndicalisme unitaire, de proposition et de lutte contre la division, la résignation et l’accompagnement des projets patronaux.  »

- Joe Chapuis, Fédération des organismes sociaux, Haute-Loire.
«  Le syndicalisme attaque l’emploi, le salaire direct et le salaire socialisé. Les salariés sont victimes de la crise. Et d’ailleurs, personne n’en est épargné. Les 29 janvier et 19 mars ont été porteurs d’espoir avec des millions de salariés dans les rues. Mais nous n’avons pas su poursuivre. La suite des mouvements sociaux a été un échec. Ce qui interroge sur les stratégies adoptées. La casse de la protection sociale, la mise à mal des services publics, la privatisation de la Poste, la chute des moyens hospitaliers et les conséquences de la loi hôpital-patient-santé-territoires, la fusion ANPE-Assedic sont autant de coups durs. On culpabilise l’assuré social, suspecté d’être un fraudeur pour faire oublier la marchandisation de la Sécurité sociale. Face à tous ces constats, la CGT doit être beaucoup plus offensive et exiger l’arrêt des exonérations de cotisation, l’arrêt des licenciements. Sortir du congrès avec une résolution de ce type donnerait des perspectives aux militants. Un message clair pour permettre aux travailleurs de se mobiliser.  »

- Alain Le Maux, SPI.
«  Les interventions des uns et des autres reflètent la réalité du paysage CGT  : notre syndicat n’est pas parfait et existe dans un monde qui ne l’est pas non plus  ! La direction confédérale devrait être plus à l’offensive. Les échecs de plusieurs manifestations le prouvent. Et pourquoi avoir signé une position commune autour de la représentativité et de la réforme du dialogue social. Des choix qui feront des dégâts. Il y a une nécessité de renouer avec l’indispensable débat contre le capitalisme.  »

- Yves Quignon, EDF Douai.
«  L’objectif est de partir de la volonté des travailleurs pour créer un véritable rapport de forces. Les services publics sont attaqués de toute part. Nous avons le devoir aujourd’hui, avec les différentes structures, de construire une réelle convergence pour la défense de ces services publics, afin d’éviter de nouveaux reculs sociaux et l’augmentation des inégalités. Les divergences de points de vue font notre richesse, mais elles ne doivent pas être prétexte au détournement de nos règles de vie syndicale. Nous devons avoir nos débats dans nos structures que nous devons modifier et améliorer, mais attention à ne pas désorganiser la CGT et ainsi l’affaiblir. Il nous faut aussi réfléchir aux modes d’action à venir, car, pour beaucoup, l’insatisfaction demeure à la suite des fortes mobilisations du début d’année, qui n’ont pas apporté les résultats escomptés.  »

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Rapport d’activité

En réponse au débat Daniel Prada

Nous venons d’avoir un premier échange  : il a porté sur le rapport d’activité de la direction confédérale. Cette direction a été élue au 48e congrès pour mettre en œuvre les orientations décidées à Lille par les syndicats de la CGT. […] Je vais centrer mon intervention sur deux questions. La première concerne la conduite des luttes. Des délégués ont donné leur opinion à ce sujet. […] Nous nous sommes engagés, dans la construction d’un syndicalisme solidaire, d’un syndicalisme de conquêtes sociales. Nous l’avons fait, en considérant qu’il fallait, conformément à notre histoire, à nos valeurs, chercher à rassembler le syndicalisme, lutter contre la division, avec conviction pour les uns, avec des interrogations pour d’autres et, quelquefois, avec des réticences pour certains.

Nos valeurs toujours présentes

Aux camarades qui contestent cette stratégie syndicale, je voudrais dire  : c’est ce syndicalisme-là qui nous a permis déjà, il y a finalement très peu de temps, de contribuer fortement à la victoire contre le CPE, aujourd’hui d’être aux côtés des travailleurs sans papiers et de gagner avec eux leur droit d’exister, d’être aux côtés de tous ceux qui luttent pour leur emploi, leurs conditions de travail, leur pouvoir d’achat, leur protection sociale et pour bien d’autres revendications.
J’avoue que c’est avec un peu d’émotion que j’ai entendu certains propos sur les valeurs et les idéaux de la CGT qui seraient abandonnés par la direction confédérale. J’ai envie de dire à Modibo Traoré  : merci, camarade, tu leur as apporté une meilleure réponse que je n’aurais su le faire moi-même.
Nous ne nous sommes pas, d’ailleurs, contentés de résister nous avons été, à chaque fois que cela a été nécessaire, présents dans de nombreux domaines, sur le terrain de la proposition, de la perspective, de l’alternative aux conceptions libérales. C’est dans ce syndicalisme-là que se sont reconnus les salariés qui, aux élections des conseillers prud’homaux, ont renforcé l’influence de la CGT. Un sondage publié ce matin révèle que 60 % des personnes interrogées disent compter sur les syndicats  ; 49 % considèrent que la CGT est le syndicat le plus combatif.
C’est notre bien commun, c’est notre bilan commun, c’est celui de la direction confédérale  ! Cependant, notre syndicalisme s’est trouvé confronté à une offensive libérale très vigoureuse […]. Certains camarades s’interrogent sur la conduite des luttes. Aurait-on pu faire autrement, faire plus, faire mieux  ? […] Qui parmi nous, et souvent pour avoir beaucoup donné de sa personne, n’a pas souhaité d’un niveau plus élevé du rapport de force  ? Mais la réalité s’impose à nous et elle nous impose de la comprendre dans toute sa complexité, si nous voulons pouvoir la transformer. […]
Nous avons eu des mobilisations d’une ampleur exceptionnelle, exemplaires au niveau mondial. Et cela malgré le chômage, malgré la précarité, malgré les bas salaires, malgré l’angoisse du lendemain. Or nous ne sommes pas de ceux qui croient à la spontanéité des luttes.
Il ne s’agit, bien sûr, ni de s’autoféliciter, ni de s’approprier le mouvement social, car nous n’avons pas été les seuls à le construire, mais tout simplement de nous dire qu’on y est pour quelque chose, dans ces mobilisations. Que notre conception du syndicalisme y est pour quelque chose. […] Certains camarades peuvent considérer, et c’est bien évidemment leur droit, que telle ou telle orientation, voire les orientations de la CGT, seraient à revoir.

Nos orientations ont permis des mobilisations vigoureuses

La direction confédérale considère au contraire que les orientations décidées en congrès […] ont permis les mobilisations évoquées, mais qu’il est impératif de se donner les moyens d’aller beaucoup plus loin dans leur mise en œuvre.
Alors oui, dans cette perspective, il faut examiner sans a priori, sans complaisance, les difficultés, les obstacles que nous avons rencontrés mais aussi l’acquis, le potentiel de force que représente le nombre considérable de travailleurs qui se sont mis en mouvement. […] Mais nous-mêmes, notre organisation, avons eu nos propres limites. Nous avons buté sur les limites de notre implantation, sur celles de notre nombre de syndiqués, sur nos formes d’organisation, sur nos difficultés à mutualiser au niveau voulu nos forces […]. La direction confédérale, les organisations de la CGT ont cherché à conjuguer en permanence mobilisation professionnelle et interprofessionnelle […], mais si nous ne l’avons pas toujours fait partout et en même temps, cela n’a pas été toujours de notre fait  ; chacune des autres organisations syndicales a sa propre stratégie, ses propres objectifs. Ces questions nous renvoient au débat à venir sur le document d’orientation.
Deuxièmement, des délégués sont intervenus d’une manière ou d’une autre sur les choix à faire en matière économique, sur des droits nouveaux pour les salariés, sur la gestion de la Sécurité sociale.
Deux ou trois camarades ont évoqué la question de la représentativité. […] Le chemin à parcourir pour que la démocratie s’installe dans l’entreprise sera long et semé d’embûches. […]
Ce n’est pas pour rien, chers camarades, que le débat sur le travail est revenu avec force dans notre société, mesurons bien ce que cela signifie. Les êtres humains ont besoin du travail pour s’accomplir comme être social, pour construire leur propre identité et autonomie, pour se protéger des risques inhérents à toute vie humaine. […]
Or, lorsque le travail est ramené au seul service du capital, au seul intérêt de l’actionnaire, son exploitation provoque les dégâts auxquels nous assistons sur l’emploi, les salaires, les conditions du travail, qui peuvent conduire des salariés au désespoir. Notre engagement pour l’émancipation, pour que le travail et l’économie aient pour finalité le développement humain et celui de la société, est étroitement associé à la possibilité pour les salariés de pouvoir intervenir sur la qualité et la finalité du travail dans leur entreprise et dans la société.
La direction confédérale a été élue à Lille pour faire progresser la démocratie sociale pour cette raison vitale. […]

Le débat sur le travail est revenu avec force

Comment […] encourager les travailleurs à peser sur le contenu de leur travail, sur son utilité sociale et économique, sans sortir déjà de règles de la représentativité syndicale qui nient la démocratie, de règles qui rendent légitimes des accords minoritaires qui volaient aux salariés leur libre arbitre, leurs choix syndicaux et qui, en fin de compte, discréditaient le syndicalisme et l’affaiblissaient  ? […]
La représentativité des syndicats doit se fonder sur l’opinion des salariés, sur leur choix, car le syndicalisme n’existe pas pour lui-même. […] Certes nous savons par expérience que notre syndicalisme n’a pas les faveurs patronales […]. Mais nous ne réglerons pas cette question par des artifices, mais par notre capacité à nous épauler, à mutualiser nos forces, à défendre l’intérêt commun aux travailleurs, à développer un syndicalisme de proximité.

Le quotidien du Congrès

Jingle vidéo du 49e congrès

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